Mes coups de coeur de la Foire d’Art Contemporain ArteBA à Buenos Aires

ArteBA est l’une des manifestations d’art contemporain les plus importantes du continent sud-américain (comme l’est en Europe la FIAC de Paris, dont j’ai parlé ici, ou encore Art Basel). Organisée tous les ans fin mai à Buenos Aires, cette foire attire plus de 120.000 personnes en 5 jours. Et surtout, elle n’est pas réservée aux professionnels, le grand public est aussi bienvenu. Il suffit d’acheter son ticket à l’entrée comme pour n’importe quelle exposition, et le tour est joué ! Il ne reste plus qu’à se balader parmi les dizaines de stands, comme j’ai adoré le faire.

Mon regard a vite été attiré de tous côtés. Pas facile de choisir où s’arrêter parmi le foisonnement des couleurs, des matières et des formes. Comme toujours avec les manifestations d’art contemporain, la diversité des oeuvres est immense : depuis la peinture abstraite ou figurative jusqu’aux installations les plus étonnantes, avec l’utilisation de tous les matériaux imaginables (verre soufflé, pierre, pelotes de fils, plastique transparent ou encore miroirs grossissants).

Voici quelques oeuvres qui m’ont particulièrement plu et que j’avais envie de vous faire découvrir pour vous donner un aperçu de ce que la Foire peut offrir.

 

1 – Couleurs

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Julio Le Parc, Mobile Rouge (1967) – Galeria Sur

Cette première oeuvre est un gigantesque mobile, composé d’une multitude de petits carrés de verre rouges qui s’entrechoquent et renvoient la lumière de tous côtés. L’impression est assez magique, on se laisse émerveiller par le ballet incessant des reflets rouges.

 

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J’ai beaucoup aimé cette oeuvre aux éclatantes couleurs primaires qui se mélangent selon le point de vue. Comme une sculpture classique, il faut tourner autour ! On n’a qu’une envie, toucher les bulles qui parsèment les 3 panneaux et qui paraissent tantôt pleins, tantôt creux.

 

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Roman Vitali, Galeria Diego Obligado

Ces oeuvres m’évoquent les matériaux utilisés pour les jeux d’enfants, et ses multiples couleurs fluo renforcent l’impression de sculptures ludiques. Ici tout s’imbrique : les centaines de petits éléments collés les uns aux autres, les différentes formes géométriques, mais aussi les couleurs grâce aux miroirs placés derrière les oeuvres.

 

2 – Matières et volumes

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Rogelio Polesello, Cero (1967) – Galeria Del Infinito

L’effet miroir de cette sculpture est assez saisissant. La peinture de style calligraphique sur le mur de derrière (qui me fait d’ailleurs penser aux oeuvres de Vissam Shawkat que j’ai découvertes à la galerie XVA de Dubai et dont je vous parle ici) se reflète dans le disque transparent et de nouvelles formes apparaissent… On dirait même qu’un visage s’y dessine !

 

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Ventoso, Vt36 (2017 – polymère de haute densité) – Galeria Del Infinito

Cette oeuvre joue encore sur les effets de reflets, avec ces carrés de matière gris métallisé qui ondulent. Les plis et les replis donnent l’impression d’une matière vivante, qui n’a pas voulu rester « à plat » et qui reprend ses droits. Il y a 1000 nuances de gris à découvrir dans cette oeuvre mouvante.

 

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Tulio Pinto, Linha de Tierra #9 (2017) – Baro Galeria

Cette sculpture étonnante mélange métal, verre et pierre pour atteindre un équilibre qui semble à la fois parfait et précaire. La pierre retient le verre en extension dans l’air, et un cadre de métal en 3 dimensions dont seul un angle touche le sol enserre la plaque de verre. On se demande bien comment tout cela tient, on a peur que le verre se casse… et pourtant la sensation d’harmonie est bien réelle.

 

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Tulio Pinto, Cumplicidade # Vetoriais 03 (2017) – Baro Galeria

Au mur, des billes de verre sont comme écrasées par des barres de métal. Le verre paraît flexible et sensible à l’action du métal qui le comprime, comme une matière vivante. Les effets de lumière sur le verre et les ombres reflétées sous l’oeuvre la rendent aussi intéressante esthétiquement.

 

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Voici un portrait des plus surprenant ! De loin, on dirait un simple portrait d’un homme aux yeux fermés. Mais en se rapprochant, on voit que le tableau est fait de milliers de petits fils de couleurs assemblés jusqu’à obtenir la forme désirée ! Impressionnant travail, notamment sur les ombres.

 

3 – Abstractions

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Cette oeuvre est plus « classique », avec ses motifs géométriques et ses volutes de 4 couleurs différentes. Mais j’ai bien aimé son côté « design », à la fois simple et foisonnant. J’aurais plaisir à l’avoir dans mon salon !

 

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Federico Lanzi, Untitled (2017) – Galeria MCHG
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Federico Lanzi, Untitled (2017) – Galeria MCHG

La série d’abstractions « cosmiques » de Federico Lanzi m’a beaucoup plu. Une sorte de danse de planètes et d’étoiles sur fond bleu Klein ou doré. Elles semblent évoquer les mouvements célestes des astres coupés par des lignes de trajectoires mathématiques, mais qui tournent parfois au chaos.

 

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Enfin, un étrange tableau aux tons dorés présente un entrelacement compliqué de plantes et de fleurs stylisées, où évoluent des bouts de personnages de bande-dessinée. Ils sont comme plaqués sur le décor, parfois réduits à une tête ou à un buste, parfois sans visage… Un étonnant mélange de Pop Art et de motifs Art Nouveau.

 

Bonus : des chefs-d’oeuvre de l’Histoire de l’Art… à poils !

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Max Gomez Canle, Joven con su exosubjectividad (2017) – Galeria Casa Triangulo

Max Gomez Canle s’est amusé à « relooker » les personnages de tableaux célèbres de la Renaissance italienne… en les couvrant de poils ! Le tableau ci-dessus m’a fait immédiatement pensé au portrait de Tognina Gonsalvus, une jeune femme ayant vécu au 16e siècle à la cour du roi et atteinte d' »hypertricose », un dérèglement hormonal ayant pour conséquence une pilosité pour le moins abondante !

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Portrait de Tognina Gonsalvus, Lavinia Fontana (1583)

Mais la transformation des oeuvres ne s’arrête pas aux poils : l’artiste revisite les traits des personnages à sa guise. Il remplace aussi certains éléments des tableaux originaux par des formes géométrisées, de couleur brute, tout droit sorties d’un logiciel de simulation 3D.

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Max Gomez Canle, Guidobaldo dado vuelta et Segismondo orgulloso (2017) – Galeria Casa Triangulo
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Le Triomphe de la Chasteté, Piero Della Francesca (1465)

Le Triomphe de la Chasteté de Piero Della Francesca est ainsi complètement transformé, sans qu’aucun détail historique (vêtements, coiffure, chapeau) ne soit conservé. Même si l’on reconnaît la référence, ce ne sont plus vraiment le duc d’Urbino et sa femme, plutôt les personnages d’un tableau surréaliste. Dans la même exposition de la galerie Casa Triangulo, des oeuvres faisant référence à Raphaël ou à Mantegna sont transformées de façon similaire.

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Max Gomez Canle, Love Paintings Viena (2017) – Galeria Casa Triangulo

Eh oui avec l’art contemporain, on n’est jamais au bout de nos surprises !

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