Quand le paisible laisse place à l’horreur (2/2)

[OEUVRE DU JOUR] Avec un peu de retard, voici Dance Marathon, le second tableau qui m’a particulièrement marquée dans l’exposition La peinture américaine des années 30 au musée de l’Orangerie. Il est complètement antithétique à Young Corn dont j’ai parlé précédemment. Évoqué dans mon article de fond sur l’exposition, Dance Marathon de Philip Evergood illustre comment l’envie de divertissement qui envahit la société américaine à cette époque peut tourner au cauchemar.

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Dance Marathon, de Philip Evergood

Le tableau dépeint une compétition de danse et plus précisément… le 49ème jour de compétition ! Les personnages miséreux qui y participent sont dans un état d’épuisement tel que leurs corps sont déformés et qu’on ne distingue plus vraiment les hommes des femmes. Les concurrents n’avaient en effet droit qu’à un repos de 15 minutes toutes les 45 minutes et devaient continuer de danser même pendant les repas et toute la nuit pour espérer gagner les prix affichés en haut du tableau (500 ou 1000 dollars).

La scène semble prendre la forme d’une toile d’araignée dont les personnages sont prisonniers. Leurs parures de bijoux et leurs cigares semblent dénoncer la société de consommation et la façon dont le capitalisme exploite la misère de ces gens réduits aux pires extrémités. On devine les ravages de la prostitution derrière certains visages, d’ailleurs le style de l’artiste s’inspire de Toulouse-Lautrec qui représentait souvent ce type de scènes. La figuration de la souffrance physique peut également faire penser au Greco.

Ainsi entre Young Corn de Wood et cette toile, il y a un monde… J’ai trouvé intéressant qu’à seulement 3 ans d’intervalle (1931 et 1934), le premier représente un paysage de vie rurale idéalisée, comme une illusion qui cache et fait oublier la vie terrible des déshérités qui se déroule peut-être à quelques kilomètres de là. Quand on lève le rideau de l’illusion, la réalité est bien plus cruelle…

Une réflexion sur “Quand le paisible laisse place à l’horreur (2/2)

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