De l’art dans la nature – « Field of Light » dans le désert australien

En vraie parisienne, je ne suis pas habituée à voir de l’art en pleine nature… Mais j’en ai fait plusieurs fois l’expérience en Australie ! Je vais d’abord vous parler d’un artiste qui a su illuminer le désert australien grâce à une gigantesque installation au pied du rocher d’Uluru.

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Le rocher d’Uluru / Ayers Rock dans le désert du centre australien

Marcher dans le « Field of Light » de Bruce Munro est vraiment exceptionnel ! L’artiste britannique a disposé au pied d’Uluru plus de 50.000 ampoules (au bout de tiges d’environ 50 cm), qui s’animent à partir du coucher du soleil. Leurs couleurs changeantes renouvellent le spectacle en permanence. Le réseau de fibre optique qui les alimente est tout aussi hypnotisant, véritable toile d’araignée lumineuse. Sur plus de 49000 m2, vous êtes invité à vous perdre au gré des sentiers pour une balade enchantée qui peut durer  30 minutes comme 2 heures !

Pas évident de prendre des photos ressemblantes de ce magnifique champ avec mon téléphone pas tout neuf… J’ai fait au mieux !

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Voici ce que cela donne quand un photographe professionnel (Mark Pickthall dans « The Guardian ») s’en mêle… Incroyable, non ?

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Le Field of Light d’Uluru n’est pas la première version de cette oeuvre, installée entre 2004 et 2016 dans une dizaine d’autres lieux au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Ce n’est que depuis avril 2016 que l’époustouflant champ de lumière est retourné sur les terres qui l’ont inspiré : le désert rouge australien et surtout le fameux rocher sacré pour la culture aborigène – n’hésitez pas à jeter un coup d’oeil à mes articles pour en savoir plus sur cette culture ici et son expression artistique ici.

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Le Field of Light à Houston (Etats-Unis) en 2014
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Le Field of Light à Waddesdon Manor (Royaume-Uni) en 2013

Après 8 ans passés en Australie, Bruce Munro découvre le désert australien en 1992. Il est bouleversé par l’énergie et la force vitale qui s’en dégage. Il n’aura plus alors qu’une idée en tête : créer une oeuvre capable de retranscrire par des jeux de lumière à grande échelle l’émotion sublime qu’il a ressentie sur ces terres ancestrales. Selon ses propres mots : « I saw in my mind a landscape of illuminated stems that, like dormant seeds in a dry desert, quietly wait until darkness falls, under a blazing blanket of southern stars, to bloom with gentle rhythms of light. »

Ce rêve est enfin réalisé, grâce à l’autorisation accordée par les aborigènes Anangu pour disposer l’oeuvre sur leurs terres. L’objectif de Bruce Munro étant de rendre hommage au lieu, il avait à coeur de respecter la volonté de ce peuple millénaire. Mais l’oeuvre est également éco-responsable : l’énergie utilisée est renouvelable et la luminosité des LED est volontairement réduite pour limiter la consommation d’énergie.

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Ce qui m’avait semblé être une simple activité touristique sur la brochure de l’hôtel restera finalement comme l’un des moments forts de mon (trop) court séjour dans le centre australien. J’en ai fait deux fois le tour, tellement il est agréable de laisser son esprit vagabonder entre les lumières du champ et les lumières des étoiles.

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L’oeuvre m’a aussi donné envie de m’intéresser davantage au Land Art, cette forme artistique qui travaille au coeur et en harmonie avec la nature. L’idée est de sortir des musées et des galeries « balisées » et souvent élitistes, pour s’ancrer davantage dans le monde réel et les éléments naturels. C’est une démarche d’ouverture, pour un art accessible à tous et direct. Avec le Land Art, l’oeuvre repousse les barrières spatiales et l’expérience du spectateur change radicalement.

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Spiral Jetty de Robert Smithson (2005), oeuvre emblématique du Land Art 

Certains artistes poussent la démarche encore plus loin, en utilisant uniquement des matériaux naturels et en proposant des oeuvres éphémères. C’est le cas de Richard Long à qui j’ai commencé à m’intéresser récemment : Britannique lui aussi, Long est un grand marcheur qui laisse des traces dans les paysages pour matérialiser l’émotion qu’il ressent à les parcourir. Si les moyens sont différents, sa démarche est finalement proche de celle de Bruce Munro qui transmet l’effet puissance qu’Uluru a généré en lui. Pour en savoir plus sur les oeuvres de Long, rendez-vous ici.

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Richard Long, A circle in Antarctica
Ten days in the Heritage range of the Ellsworth Mountains (2012)
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Richard Long, Mahalakshmi Hill Line
Warli Tribal Land Maharashtra (Inde, 2003)

Le Field of Light restera à Uluru au moins jusqu’à mars 2018 pour le bonheur des visiteurs de cette zone unique du globe. Qui sait où il voyagera ensuite ? Espérons qu’il revienne un jour en Europe pour être plus accessible ! En attendant, les autres travaux de Bruce Munro valent aussi la peine d’être suivis. Mettre en scène la lumière sous toutes ses facettes, dans des oeuvres immenses pour une immersion totale, voilà la spécialité de l’artiste. Une fois testée, on ne peut qu’en redemander !

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Bruce Munro, Whizz Pops – Franklin Park Conservatory, Colombus, Ohio, Etats-Unis (2014)

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